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Vous venez de vous installer : par où commencer pour être visible ?

Par Estelle Ghiandai, ex-kiné ostéopathe · Septembre 2026 · 6 min de lecture

Vous venez de poser votre plaque. Vous avez le local, le matériel, les compétences. Ce qui manque, ce sont les patients. C'est le moment le plus fragile d'une installation : personne ne vous connaît encore, et vous n'avez pas le temps de tout faire en même temps.

Je suis passée par là. Quand on ouvre un cabinet, on a envie de tout lancer d'un coup : le site, les réseaux, les cartes de visite chez le pharmacien du coin. Résultat : on s'éparpille, et rien n'avance vraiment. Voici les trois chantiers qui comptent réellement, dans l'ordre où je les traiterais si je recommençais.

Chantier 1 : votre fiche Google, avant tout le reste

Avant même de penser à un site, occupez-vous de votre fiche d'établissement Google. C'est elle qui apparaît en premier quand un patient tape « ostéopathe » ou « diététicien » suivi du nom de sa ville. Un site sans fiche Google bien remplie, c'est une vitrine dans une rue où personne ne passe.

Les points à vérifier : nom exact, adresse, horaires réels (pas ceux que vous espérez tenir un jour), catégorie d'activité précise, photos du cabinet. Beaucoup de praticiens débutants commettent les mêmes erreurs de configuration, que je détaille dans cet article sur les erreurs qui font fuir les patients. Une fiche mal remplie ne se voit pas tout de suite : elle vous coûte des appels silencieusement, semaine après semaine.

Chantier 2 : les tout premiers avis, sans les mendier

Selon l'URPS Médecins Libéraux de Bretagne, 8 patients sur 10 consultent des avis en ligne avant de choisir un professionnel de santé, et 75 % des patients se disent davantage attirés par un praticien évalué en ligne que par un praticien sans aucun avis. Sans avis du tout, vous partez avec un désavantage face aux cabinets installés depuis dix ans.

La bonne nouvelle : il n'en faut pas beaucoup pour démarrer. Trois ou quatre avis sincères, même courts, suffisent à rassurer. La même source rapporte, en citant une étude Opinion Way, que 6 patients sur 10 laissent des avis sur un praticien ou un cabinet : il suffit souvent de le demander au bon moment, en fin de séance, à un patient satisfait. Pas de mail automatique agressif, pas de relance insistante. Juste une question simple, posée naturellement.

Chantier 3 : ne rien perdre de ce qui arrive enfin

C'est le paradoxe du début d'activité : vous manquez de patients, et pourtant certains appels vous échappent. Vous êtes en séance, le téléphone sonne, vous ne pouvez pas décrocher. Le patient qui a mal depuis trois jours n'attend pas : il rappelle le cabinet suivant sur la liste Google. Ce phénomène est particulièrement cruel en début d'activité, où chaque appel manqué pèse plus lourd que plus tard, quand l'agenda sera plein et le bouche-à-oreille installé.

Pensez aussi aux rendez-vous non honorés, un problème qui touche particulièrement les nouveaux patients : d'après Doctolib (communiqué du 3 juillet 2024), le taux de rendez-vous non honorés chez un nouveau patient grimpe nettement au-dessus du taux moyen, y compris en ostéopathie ou en podologie. Un simple rappel avant le rendez-vous limite la casse, comme je l'explique dans cet article sur le rappel SMS.

Ne lancez pas les trois chantiers en même temps la même semaine. Fiche Google d'abord, elle conditionne tout le reste. Puis les avis, une fois que quelques patients sont passés. Enfin le sujet des appels manqués, quand vous constatez concrètement combien vous en perdez.

Et le site, dans tout ça ?

Le site vient après, pas avant. Il rassure une fois que le patient vous a trouvé, mais il ne le fait pas venir tout seul dans les premières semaines. Si vous êtes ostéopathe, mieux vaut d'abord comprendre jusqu'où vous pouvez aller sans sortir des clous déontologiques avant d'investir du temps ou de l'argent dans une refonte.

Par où commencer, concrètement

Questions fréquentes

Faut-il un site internet dès l'ouverture du cabinet ?

Pas nécessairement en priorité. La fiche Google et les premiers avis rapportent plus vite. Un site peut attendre le deuxième ou troisième mois, une fois que vous avez du temps et une idée plus claire de votre patientèle.

Comment demander un avis sans paraître insistant ?

Le plus simple est de le demander à l'oral, en fin de séance, à un patient visiblement satisfait. Une phrase simple suffit, sans email de relance ni système automatisé au démarrage.

Combien d'avis faut-il pour rassurer un nouveau patient ?

Il n'y a pas de seuil officiel, mais quelques avis sincères suffisent déjà à donner confiance, bien plus qu'une fiche sans aucun avis.

Les appels manqués sont-ils plus graves en début d'activité ?

Oui, car chaque patient compte davantage quand l'agenda n'est pas encore plein. Un appel manqué en début d'activité représente une part plus importante de votre patientèle potentielle qu'une fois le cabinet installé.

Dans quel ordre traiter ces trois chantiers ?

Fiche Google d'abord, car elle conditionne votre visibilité de base. Les avis ensuite, une fois que des patients sont passés. Les appels manqués enfin, quand vous pouvez mesurer concrètement le problème.

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Sources